Des origines paysannes : comment la distillation s’est racinée dans le Languedoc au XIX siècle
Jusqu’au XIX siècle, la distillation n’est pas une industrie dans le Sud du Languedoc, mais d’abord un geste paysan, irriguant la vie rurale. L’arrivée des premiers alambics remonte à la Révolution, mais c’est au tournant de 1820-1840 que les distilleries commencent à s’implanter durablement. Les raisons ? D’abord, le surplus de production viticole : après la crise du phylloxéra – qui bouleverse la vigne entre 1863 et 1890 – les vignobles replantés produisent beaucoup. Trop, parfois, pour tout vinifier.
En parallèle, les progrès techniques – l’invention de l’alambic à colonne (Coffey still, 1830) – accélèrent la distillation. Les premiers ateliers voient le jour à Narbonne, Béziers, Limoux, portés par une politique fiscale qui encourage la transformation des excédents vinicoles en alcool. Les récits d’époque, comme ceux du Bulletin de la Société d’Agriculture de l’Hérault, évoquent des distilleries familiales adossées à la maison vigneronne, ou ces unités mobiles, tractées de fermes en métairies.