Trame agricole et souffle du feu : une histoire partagée
Dans le Sud du Languedoc, sous la lumière brute des étés et la brume fine des automnes, la distillation n'est pas née d'une fantaisie de laboratoire. Elle prolonge le geste agricole. Si les vignobles, olivettes, garrigues et vergers définissent le paysage, c’est chaque année, au gré des saisons, que la distillerie s’éveille – non comme un site isolé, mais comme une étape naturelle de l'économie paysanne. Les cycles de la terre imposaient leur tempo : ici, on distillait parce qu’on vendangeait, on moissonnait, on ramassait les fruits, on coupait les aromates.
Dès la fin du XIXe siècle, l’Hérault et le Gard comptaient plus de 400 petites distilleries, souvent adossées à des caves coopératives ou à quelques familles de viticulteurs, tant l'alambic et la vigne étaient liés (source : "L’Histoire des distilleries du Languedoc" de J.-C. Carrière, éditions Midi).