Le traitement du fruit : macération, fermentation, extraction…
Après la cueillette et le tri, le fruit est rarement distillé tel quel. Il s’ouvre alors un univers de préparation sur-mesure pour libérer au mieux ses arômes.
La phase de trituration ou de brisure
Les fruits à chair ferme (pommes, poires) sont foulés ou râpés, là où les plus juteux (prunes, cerises) sont simplement écrasés à la main ou au moulin à fruits. Cette opération permet de favoriser le contact du sucre et des levures naturelles.
La fermentation maîtrisée
- Levures indigènes ou sélectionnées ? La plupart des distilleries du Languedoc travaillent désormais en levures indigènes, celles présentes à la surface du fruit ou de l’environnement, pour obtenir une empreinte aromatique unique.
- Contrôle des températures : Entre 18 et 25°C, c’est la plage de prédilection pour la fermentation des fruits à noyau (Source : ICV, Institut Coopératif du Vin). En dessous, la fermentation ralentit, au-dessus on risque l’avinage ou l’acidité volatile.
- Durée de fermentation : Elle varie selon les fruits : 6 à 8 jours pour les fruits rouges, jusqu’à 3 semaines pour les poires.
- Cuves en inox, bois ou grès : Les cuves en grès, souvent héritées des anciens ateliers languedociens, gardent la fraîcheur et préservent les arômes les plus fins.
Quelques gestes d’exception
- La macération pelliculaire : Pour certaines eaux-de-vie de pomme, on laisse macérer les peaux et pulpes pour extraire davantage de composés aromatiques. À Pézenas, la distillerie Le Figuier conserve les pellicules jusqu’à 48h après le pressurage, puis sépare avant fermentation.
- L’ajout de moût frais : Tradition occitane, réservée à quelques raretés, on ajoute du moût (jus de raisin non fermenté) à la purée de fruits pour favoriser la fermentation et offrir de la rondeur.