Des origines antiques à l’âge d’or languedocien : premiers souffles d’alcool
L’histoire de l’alambic dans le sud de la France commence par une rumeur antique : les premières distillations auraient vu le jour entre l’Égypte et la Grèce, puis migré en Occident via les érudits arabes et leurs “al-ambiq”. Mais c’est surtout au Moyen Âge, vers le XIII siècle, que le procédé s’installe en Europe. Montpellier, alors siège renommé de la médecine et de la pharmacie, accueille très tôt des distillateurs. Au XVI siècle déjà, le Languedoc distille de la lavande, du romarin et du raisin pour produire “eau ardente” ou “acqua vitae”.
- Selon l’ouvrage de R. Clarac, Distillation en Languedoc (Éditions du Causse), les premiers alambics étaient en terre ou en céramique, avant que le cuivre ne prenne la relève grâce à sa capacité à mieux conduire la chaleur.
- Les alambics les plus anciens du Sud étaient installés dans les monastères, puis adoptés par des familles d’artisans itinérants.
Dès le XVII siècle, la distillation quitte l’alchimie pour les campagnes : chaque village du Languedoc ou presque possède son “bouilleur de cru”, détenteur d’un savoir-faire précieux.